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 La nuit tous les clowns sourient - Boy

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Anton

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MessageSujet: La nuit tous les clowns sourient - Boy   Jeu 5 Juil - 22:50


La nuit tous les clowns sourient


-Approchez mesdames et messieurs, je vous invite à entrer dans votre imagination ! Venez donc découvrir, toutes les merveilles cachées de l'univers, entrez donc dans l'esprit du Docteur Parnassus ...

Il faisait nuit noire. La lune était dissimulée par une multitude de nuages, presque aussi noirs que le ciel. Quelques étoiles brillaient, bien trop éloignées les unes des autres, pour ne serait-ce qu'apporter un peu de lumière dans le ciel d'encre. Pourtant, Anton appréciait ce climat. Il était habillé chaudement -pour un habit de scène !-, car la nuit était glaciale, mais il sentait tout de même le froid transpercer de part en part, chaque partie de son corps en contact avec l'extérieur. Il aimait ce climat. Même si il avait la désagréable impression que le vent brûlait tel une flamme. C'était à cause des lumières. Parce que plus il faisait sombre, plus les lumières brillaient. L'imaginarium, exposé dans sa roulotte, les divers manèges présent dans la fête foraine, ou encore celles du cirque. Tout était beaucoup plus lumineux. Le jeune homme avait terminé son travail à l'Imaginarium, et partit donc faire un tour. En générale, la roulotte se repliait et partait immédiatement après vers un endroit plus tranquille. Mais cette fois, comme personne n'avait vraiment envie de bouger, Anton se permis de se balader un peu. Il sauta donc hors de la scène, prit le temps de se démaquiller et de se changer. Anton enfila négligemment plusieurs écharpes dont aucune n'avait été épargnée par l'usure. Il superposa plusieurs veste scar la première avait des trous. Il se demanda bientôt si son vêtement de scène n'aurait pas été préférable. Le jeune homme haussa les épaules et sortit de sa loge pour rejoindre la fraîcheur de la nuit. Il inspira une grande bouffée de cet air sucré. Il sourit et ses yeux balayèrent l'endroit. Au loin, il pouvait apercevoir un cirque. Anton pourrait très certainement se faufiler comme il avait l'habitude de faire et espérer entrevoir un morceau du spectacle. Si celui ci n'était pas déjà terminé. Cela ne lui coûterait rien d'essayer, il s'élança donc vers le grand cirque rouge afin de tenter le coup
.
L'ouverture était grande ouverte et une foule de personne en sortait, bousculant Anton sans ménagement, le prenant certainement pour un mendiant. Il ne broncha pas et continua tout de même d'avancer vers le cirque. Il avait toujours été impressionné par ces grandes scènes circulaires. La foule de personne riant aux blagues du clowns ou applaudissant à la vue des jolies acrobates audacieuses. Il n'avait jamais connu ça lui ... La seule scène qui lui avait appartenu était celle contenue dans sa roulotte, et y entrer avec le Docteur, Valentina, Percy et le miroir était une chance, alors il ne restait plus tellement de place pour leur spectacle. Et puis la vedette avait toujours été le miroir magique. Il se permit tout de même d'entrer. En marchant, il sentait quelques grains du sol meuble entrer dans ses chaussures. Anton se plaça au centre de la scène, là où le présentateur avait, quelques heures plutôt, annoncé la suite de son spectacle. Le jeune homme sortit deux balles colorées de sa poche, et jongla avec en chantonnant comme il avait l'habitude de faire.

Anton n'était pas ce qu'on pouvait appeler un pro du jonglage. Et puis il ne chantait pas très bien. Mais il se laissa fasciné par la valse incessante des balles. Par leur couleur, bleu, rouge, bleu rouge. Des couleurs vives. Il avait l'impression que dans ce monde de gouache terne et sombre, un peintre avait très soudainement décidé de prendre de l'acrylique et d'en parsemé un peu partout. Maintenant c'était à lui de trouver ce qui pouvait colorer le monde. Il cessa soudainement de jongler lorsqu'il entendit un bruit sourd. Les balles lui retombèrent sur la tête, pour finalement s'écraser sur le sol sableux.

.

© Mzlle Alice.
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Boy R. Damian

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MessageSujet: Re: La nuit tous les clowns sourient - Boy   Sam 7 Juil - 15:07


On est en pleine joie de devoir divertir pour une enième fois les enfants. Cela divertit aussi Robert, qui n'a en tête que d'embrasser le public.
Tandis qu'on ne prend pas conscience de l'heure tardive on continue le spectacle, c'est la seule chose qui peut se permettre de durer toute une nuit. La seule chose.
On appelle le ventriloque, le public réclame la suite du spectacle. Mais Robert n'a pas enfilé son costume, il est en train de peindre son visage d'un blanc cadavérique. Alors pourquoi crit-on sur la scène, pourquoi ces applaudissements soudain ? Les mains et les yeux, tout se pétrifie en Robert, qui essaie de deviner ce qui se trame dans son dos. Un farceur, un voleur, un traître ? Il en a peur pour son numéro.

« Qui joue ? Qu'est-ce qu'il fait là ? je ne le connais pas, il n'a rien à faire ici. Faîtes-le-moi sortir. » Parce que Robert connaît toute sa famille, le déroulement intégral du spectacle et l'inconnu à l'apparence d'un artiste de rue n'a jamais été demandé dans ce cirque aux allures pourtant excentriques. Mais ce garçon plait, alors il continue poliment son numéro désordonné. Des gitans peuvent, s'ils veulent, combler la scène également ; avec un accordéon ce serait une beauté.

« Personne pour le faire sortir ? » Tandis qu'il carresse ses joues de sa crême. Il ne parviendra pas à colorer la totalité de son visage, ni à enfiler son habit de scène. Il part, il marche le plus rapidement possible vers la scène, croisant chevaux, mimes et danseuses. La sueur coule sur son front.
C'est lorsqu'il se trouve proche de l'entrée de la scène qu'une balle perdue aterrit à ses pieds et l'invite à jouïr d'un numéro de jonglage, ou à y participer. Il se baisse, son dos se tord et les veines de ses mains se gonflent lorsqu'il prend la balle. Rouge comme les paumettes qu'il aurait dû peindre.
C'est alors qu'il perçoit entre deux murs en bois le jeune homme, tandis qu'un rayon lumineux traverse ses yeux clairs. Apparemment ce jongleur n'est satisfait qu'avec deux balles, et celui qui a perdu la sienne fait peut-être parti de sa troupe. Qu'importe, celui-là non plus il ne l'apprécie pas.

À présent, il faut que cela cesse. Quatre tapotements sur le mur à l'aide de la balle, cela fait un bruit effrayant que tout le chapitau entend. Il se montre ensuite au monde entier qui se tait enfin. Un silence qui inquiéte alors que pas un démon n'est présent ce soir. Juste un intrus.

« Tu en veux peut-être une troisième ? » commence-t-il par lui demander froidement en lui tendant de loin la balle poudreuse.
« Mon jeune garçon... » Il avance lentement les mains jointes dans le dos, cherchant le bon mot, quitte à créer un noeud dans la gorge de son adversaire.

« Tu brises mon spectacle. »

Les enfants, les grand-pères, les amants, tous prendront cela pour une scène comique, une pseudo-rivalité, des pseudo-retrouvailles. Et c'est tant mieux, leur jeu d'acteur sera au meilleur.
Mais Boy sourit. Il sourit parce qu'il reconnaît cet inconnu, et ça lui fait plaisir en dépit de ce qu'il a à lui reprocher. Pardonne-lui cet accueil, Anton, la vue de monsieurs l'ventriloque vieillit autant que son humeur.

Reprenant son sérieux, surpris et à la fois tendu, Robert continue : « Vieil ami. Le jeune orphelin en quête de sensation forte. Pourquoi là, dans mon monde, le tien est si ennuyeux j'imagine ? »
On imagine tout, dans chacun de ces mondes. On essaie de s'approprier un maximum de public, alors les deux artistes n'auront rien d'autre en tête que de se mettre en valeur : par la posture, les gestes ; par la parole, les rires du public. Mais Boy n'a d'autre occupation que d'interroger ce fameux garçon en lui tournant autour, comme autrefois lorsqu'il lui dictait ce qu'il était nécessaire pour un jongleur.
À leur âge aujourd'hui, les rôles peuvent s'inverser.

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Anton

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MessageSujet: Re: La nuit tous les clowns sourient - Boy   Mar 10 Juil - 22:08

Les gens applaudissaient et Anton s'amusait comme un petit fou. Le plus drôle c'est que le public pensait vraiment qu'il faisait partit du spectacle. Le jeune homme était rarement accueillit avec un tel enthousiasme, et cela lui faisait drôlement chaud au coeur. En plus, il n'était même pas habillé correctement. C'est vrai quoi, on aurait cru un Roms venu quémander quelques pièces. Avec des habits colorés et un peu de maquillage il aurait été plus crédible. Pourtant, les gens n'était pas choqué, ils devaient très certainement penser que cet accoutrement faisait une partie intégrante de son personnage. Pas qu'un jeune vagabond avait déserté sa roulotte pour quelques heures afin de mieux profiter de la fête foraine. Anton s'était soudainement arrêté de jouer. Il avait vu la provenance du bruit, et tout le monde était soudainement devenu silencieux. Pas un moment très drôle pour lui. Paf, pris la main dans le sac. Il allait se faire jeter du cirque comme une vieille chaussette. C'est là qu'il reconnu le ventriloque. Oui, c'était Boy ! Il l'avait rencontré il y a quelques années déjà. Anton et lui étaient vite devenu amis, et même bien plus que cela car c'est lui qui lui a appris des tours. Bon, Anton n'est jamais parvenu à devenir ventriloque, une cause perdue d'avance. Mais sinon, son évolution c'est à lui qu'il l'a doit. Mais c'était étrange. Boy n'avait guère l'air disposé à des retrouvailles !

« Tu brises mon spectacle. »

Anton resta silencieux et se contenta de le fixer. Le public riait, et avait l'air de bien s'amuser. Tant mieux, c'est jamais bon une dispute en direct. Et là, le vieil homme sourit. Il sourit parce qu'il avait reconnu Anton. Alors, un sourire éclaira aussi le visage du jeune homme. Comme quoi, un sourire c'est contagieux. Et tandis qu'il tournait autour de lui, Anton se remémorait ses leçons qu'il apprise grâce à son aide précieuse. C'est là que Boy mentionna la différence entre leur deux mondes. Celui d'Anton qu'il jugea ennuyeux.

- Non, mentit Anton.

Pour rien au monde il aurait admis que l'Imaginarium ne lui donnait pas assez de satisfaction. Après tout, c'était son travail et c'était toute sa vie. C'était aussi sa famille.

- Tu sais bien que je n'ai jamais pu résister à l'appel d'une grande scène !

Et à ces mots il pris la troisième balle des main de Boy et se mit à jongler, avec trois balles. Pas assez vite à son gout, alors il accéléra. Comme le public applaudissait, il se demandait si il ne pouvait pas en rajouter une quatrième. Puis se ravisa. Il n'était sûrement pas assez doué, et puis cela engendrait de demander à un responsable une nouvelle balle, ce qui casserait le rythme du spectacle. Il termina plutôt ses jongleries, salua la foule et lança les trois balles à Boy les une après les autres. Il savait que malgré son âge il avait des réflexes et il était bien plus doué que lui en jonglage.

- Hé le vieux, montre nous plutôt de quoi tu es capable au lieu de jacasser !

Anton qui avait beaucoup de respect pour lui, n'hésitait pas à lui donner une flopée de surnom débile. Et si le public croyait en cette rivalité, lui pas. Mais qui sait, l'élève dépasse un jour le maître ? Anton avait surtout hâte de le voir à l'oeuvre, dans son propre spectacle avec ses connaissances personnelles. C'était toujours un plaisir de le voir au travail.
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Boy R. Damian

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MessageSujet: Re: La nuit tous les clowns sourient - Boy   Ven 13 Juil - 18:08


« Non. Tu sais bien que je n'ai jamais pu résister à l'appel d'une grande scène ! »
C'est à ces paroles que la mémoire du vieux ventriloque se reconstruit petit à petit. Il avait oublié les traits de son visage, sa voix et ses yeux bruns ; il avait même pensé à des cheveux coupés plus court. Peut-être que s'ils auront le temps de discuter comme autrefois, Boy sera de meilleure humeur. Peut-être qu'il se sentira jeune.

Anton prend la balle de Boy. Ça crée un autre contact que les yeux et la voix. Il amuse les gens avec trois balles et le silence se tait enfin par les applaudissements qui, selon Boy, sont trop indulgents.
Avec trois balles. Deux rouges, une bleue.
Robert ne sais plus amuser les gens avec trois marionnettes, alors lorsqu'il reçevra les balles, il devra en être capable.

« Hé le vieux, montre nous plutôt de quoi tu es capable au lieu de jacasser ! »
Vieil homme, mais aussi narcissique, égocentrique, jaloux, lâche, marginal, désespéré, ça appuie dans la poitrine de monsieurs l'vieux ventriloque et dans sa gorge. « Pour qui se prend-t-il ? » Pense-t-il devant son ancien élève. Oui, les rôles se sont inversés ; il est temps que ce jeune jongleur t'apprenne que tu es trop vieux et qu'il est temps d'apprendre à divertir les gens, pas à réclamer simplement des regards. Allez. Eh bien montre un peu de quoi tu es capable en réalité.

Et si tu arrêtais de voir tout noir ? Si tu prenais cette scène pour de belles retrouvailles, un nouvel élan dans ta carrière ?

Tu sens les balles dans tes mains poudreuses et tu crois que les gens qui t'entourent te tueront si tu ne fais pas quelque chose avec ça.

Un, deux, trois. Quatre, cinq, six ce n'est rien qu'un tour de passe-passe en fait, et tu as deux yeux sers-toi en mieux.

C'est comme quand un objet tourne très vite, on ne le voit plus. Robert va devenir aveugle, il voit tout noir. Au premier degré s'il vous plaît.
De toute façon il a déjà perdu les balles. Le voilà qu'il s'agenouille, trempe son pantalon bon marché et ses mains dans le sable, baisse la tête et laisse l'air pénétrer ses poumons. Il a la position d'un perdant dans une arène.
C'est seulement une minute après qu'il reprend les balles et se lève sans penser à un tour de plus.

« Félicitations (il les lui lance de loin) Bien joué mon gars. Tu finis ton numéro et tu viens me voir. » Il retourne ainsi dans les couloirs et laisse dans l'esprit des enfants, des grand-pères et des amants une jalousie et un échec. Ils comprennent que c'est le ventriloque qui a tout gâché. Le public a trouvé sa nouvelle idole. Félicitations.
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