« Le théâtre est le domaine des apparences »



 
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 « Le théâtre est le domaine des apparences »

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Raven M. Sullivan

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MessageSujet: « Le théâtre est le domaine des apparences »   Mer 25 Jan - 21:34

« Le théâtre est le domaine des apparences »

Le théâtre, j'y ai jamais foutu un pied et j'en ai peur. Il paraît qu'il s'y passe des trucs bizarres, et rester dans le noir c'est pas mon truc, quand bien même il y a des lumières sur scène. Je préfère être dans la lumière. Quand je suis dans la lumière je suis là où je dois être, là où j'aime être. Et quand je n'y suis pas je répète. Ou je dors, ou je sors. Ou je mange, ou je me lave, ou je m'habille, ou je vais aux toilettes. Mais c'est pas le genre de truc qui t'intéresse.

Comme d'habitude, je suis restée au moins deux heures sur mon lit, assise en tailleur. Le miroir me fixe encore de sa petite paire d'yeux bleus et me nargue avec son petit sourire. Le moindre de mes gestes est épié, décrypté, interprété. La porte est restée ouverte, à croire que la personne avec qui je partage la roulotte occasionnellement n'a pas jugé bon de la refermer en rentrant après moi la nuit dernière. J'ai aperçu un petit chat passer devant et le miroir s'est brisé contre le bord du lit, y restant adossé. Il ne reflétait plus qu'une silhouette noire s'éloignant rapidement de la roulotte à la poursuite du petit animal.
Le noir me fait peur, ce qui ne m'empêche pas d'être passionnée par le monde de la nuit. La nuit me fascinait, en particulier ce soir-là, allez savoir pourquoi. Au fond, derrière toutes les roulottes se trouvait une petite colline où le gazon était vert et assez long. Abandonnant ma chasse au chat, je m'y dirigeais et m'y laissais tomber.
La lune n'était qu'un croissant, si étincelant qu'on l'aurait prit pour une vulgaire ampoule. Une fois qu'on s'était rendu compte de son authenticité, elle n'en était qu'embellie. J'ai cru un moment deviner le mouvement de balançoire que faisait le Pierrot sur son croissant de lumière. Je devinais son sourire et peut-être même un rire enfantin. Et tout ce pseudo spectacle me faisait moi-même rire et sourire. Dans un instant de folie, j'imaginais même The Rev et Harlow offrir un spectacle digne des plus grands à l'enfant bicolore. La pluie commença à tomber sur moi et je me stoppais dans mes rêves. Supposant que Pierrot ne souhaitait plus ma compagnie ni celle de mon imagination, je me relevais et partais à l'aventure, sous les minces filets de pluie.

Finalement, mon périple s'est terminé à la fête foraine, une fois le soleil bien haut. Mes habits avaient plus ou moins séché plus vite que mes cheveux, encore raides et mouillés. Je nageais tout de même dans mon short en jean et mon grand tee-shirt, seulement à l'aise dans ma paire de rangers. Les quelques bracelets en acier, argent et à breloques à mes poignets s'entrechoquaient en ce qui pouvait presque ressembler à une musique, et l'une de mes mains jouait doucement avec mon pendentif. Je passais devant les différents stands. Confiseurs, manèges, conteurs, diseurs de bonne aventure. Je zigzaguais entre les différentes maisonnettes et saluais chaque forain. Chacun me rendait un sourire, me proposait une friandise ou quelque chose. Après une bonne heure, je devenais experte en slalom entre visiteurs et m'en trouvais très fière. Mais c'est en échappant de peu à la collision avec une famille tout entière que je me tournais vers le plus grand bâtiment qui se trouvait dans le fond de la fête. Il trônait là, majestueusement. Il dominait le reste de la fête, les visiteurs, les forains, peut-être même le monde entier.
Je n'y étais jamais entrée. J'hésitais. Je restais là, béate, excitée et effrayée à la fois par tout ce que dégageait ce théâtre. J'entendais petit à petit des applaudissements s'élever à l'intérieur mais effrayée je me retournais et me crispais, faisant face à tout le reste de la fête foraine et à tous les regards braqués sur moi.
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Dans ma caravane
je jouis d'un spectacle morbide
c'est moi.

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Tracy Bellford

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✗ bla bla : « Je l'ai vu se faire maquiller avant un spectacle et je me souviens avoir pensé "c'est le plus beau garçon que j'ai jamais vu". Il n'y a rien d'amoureux là-dedans. Il était simplement beau. Ça vient de son squelette, de la forme de ses os, je pense. C'était la beauté même, comme opposée au fait d'être seulement mignon. »

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MessageSujet: Re: « Le théâtre est le domaine des apparences »   Dim 29 Jan - 21:30

Une personne que je ne connais pas. Sous son short court, n'avait-elle pas froid ? Ne dois-je pas voir, à la place, un bloc de glace, en résultat de cette pluie à la fois douce et mélancolique ? Cette jeune femme, que je croirais à peine sortie de l'adolescence, elle me donne des frissons à rester seule, dans ce coin sombre qui mène pourtant, quelque soit le chemin à prendre, à la béatitude. Que choisie-t-elle : d'entrer voir cette pièce que je connais, hélas, déjà, ou d'aller rejoindre ses amis, sa fratrie, son garçon pour enter dans le cirque festif ?

A ma connaissance, je n'avais moi non plus conscience que la pluie pourrait atteindre la fête, c'était une journée si rayonnante ! Je suis, enfin, j'étais la seule personne éloignée des cris de la fête au-dessus de laquelle le ciel était empli de nuages, menaçant d'inonder les sièges des manèges. Je ne suis donc pas trempée, ce qui m'embarrasse face à la personne vers qui j'avance, inconsciemment. Elle a l'air craintif, timide et interrogé ; elle a aussi l'air de vouloir rester seule.

La pluie, tout de même légère, s'arrête brusquement, alors je m'arrête aussi, croyant que mes pas ont fait trois fois le tour du bâtiment. Cela me fait une bizarre impression. Une étrangeté dont je veux faire part à la seule personne présente à moins de six mètres de moi ; mais je ne m'en astreins pas. En dépit de ma résistance, de mon retrait, je sens d'entre mes dents moites sortir un son, une voyelle, cinq mots enfin :

« N'entrez pas là. Ce n'est pas une pièce comme les autres, c'est une pièce qui manque cruellement de vie. »

Il est vrai, je reconnais les paroles entre mille répliques : une représentation d'un certain Molière, aussi applaudi de nos jours. Qui m'a dit qu'elle n'avait jamais entendu ces répliques ? Pour qui je me prends, à dire ce qu'elle doit faire ou ne pas faire ? Cela ne me ressemble pas. Je médite alors sur mes propos, au lieu de penser à laisser cette personne qui m'a l'air complètement inquiétée par les bruits. Ou plutôt intriguée. Je peux la rassurer, lui dire que ce qu'elle regarde est bondé de personnes agréables, d'autres plus puériles, mais que, contrairement à la noirceur de ce lieu, ce côté-ci nous rend heureux. Il m'a rendue heureuse. Mais je ne lui dirai pas, parce que, je le vois dans ses yeux, ce n'est pas une consolation qu'elle cherche, c'est l'étonnement d'un cri scénique qui se manifeste. Je me rends compte que plus j'avance vers elle, plus je me rapproche de ce lieu auquel je voulais m'échapper. Ainsi soit-il.
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